La photographe belge Anne De Gelas parle dans iFocus.gr de sa vie et de son travail, de la façon dont le deuil de son compagnon a bouleversé son parcours.

D. Est -ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots, qui est Anne De Gelas?

Je suis une artiste belge qui travaille sur les expériences de vie, dans une approche qui mélange dessin, photographie et écriture liant ces différents mediums dans un travail de mise en page. Le livre est mon principal médium pour montrer mon travail.


D. Après la perte de votre compagnon, est -ce que vous vous rappelez de l ' instant où vous avez respiré à nouveau et transformé son absence en présence à travers la photographie?

Mon carnet quotidien que je tiens depuis plus de 20 ans ne s’est pas arrêté avec le décès de mon compagnon. Je ne sais pas si mon travail a transformé son absence en présence. Continuer le carnet était une forme de survie, ce que j’y inscrivais était le déroulement des jours, la douleur, le manque mais aussi la vie qui continuait.

Ce n’est qu’après plus d’un an que j’ai senti que le travail avait changé qu’il y avait plus de textes, de dessins, les images presque uniquement en noir et blanc, beaucoup d’autoportraits avec ou sans mon fils, le sujet s’était resserré autour du thème du deuil. A ce moment on m’a proposé de le montrer, d’abord en exposition, puis naturellement est venu l’idée de faire un livre.

La photographie est importante mais je ne peux la voir sans l’apport du texte du dessin, de la mise en page.

page 50 iFocus.gr


D. À quel point la maternité vous a t - elle aidé à reprendre votre vie en main?

Je ne sais pas ce qui m’a aidé à reprendre ma vie en main, je ne sais d’ailleurs pas si j’avais à la reprendre en main… si je l’ai en main.

Il est clair que quand on est responsable d’un enfant on ne se sent pas vraiment le droit de baisser les bras. Pas vraiment l’envie non plus car je vis à coté d’un être plein de désirs et cette énergie est communicative.

D. Combien a été difficile ou facile la collaboration avec votre fils dans votre œuvre?

La collaboration existe depuis presque toujours, j’ai toujours travaillé en présence de mon fils. A présent, il est plus grand alors il me donne son avis sur mon travail, je prépare les prises de vues, lui montre mes croquis. Quand on fait les photos, on discute, parfois c’est lui qui apporte les bonnes solutions. Cela se passe naturellement, on travaille dans notre lieu de vie, parfois il a envie parfois pas, je respecte tout à fait cela. Il est présent mais pour lui la situation est très claire, il s’agit de mon travail. D’ailleurs il n’est « acteur » que pour la partie photographique, mais lors de la mise en place du livre, le chemin de fer, je lui ai souvent demandé son avis. Je ne voulais pas faire quelque chose qui le contrarie, surtout pour le dernier livre « Mère et Fils ».

Il comprend que je ne parle pas de notre relation en particulier, c’est pour cela que j’utilise le mot « acteur », je parle d’une expérience que beaucoup de gens vivent, dont j’ai envie de parler autrement. La maternité sans tout ce coté édulcoré, l’enfance sans ce coté naïf, bucolique, une autre image de la famille, la famille monoparentale.

couverture iFocus.gr


D. Comment est née la combinaison ''écriture , dessin et photo'' comme idée? 

Ce n’est pas une idée, c’est une nécessité. Les trois médiums, voire 4 puisque la mise en page est très importante aussi, ont chacun leurs rôles.

J’ai commencé par étudier le dessin, après mes études de photographie j’éprouvais le besoin d’une narration, le carnet de recherche dans lequel j’accumule est la forme idéale.  L’écrit, le dessin et la photographie ont chacun un rôle particulier, une manière différente d’exprimer.

D. Georges Seferis poète grec a écrit jadis : " la mémoire où que tu la touches fait mal " Quel est votre avis? 

Je n’ai pas cette vision car le souvenir peut être très doux, réconfortant. Mes morts m’accompagnent et m’aident à vivre. Ma mémoire n’est pas que douleur, elle me nourrit, elle est vivante.

D. la photographie c'est quoi pour vous ?

Une forme d’écriture.

D. Vous travaillez sur un nouveau projet en ce moment, si oui vous pouvez nous en parler ?

Je n’ai jamais vraiment de nouveau projet, mon travail suis un fil parfois certains thèmes s’en dégagent ou je les dégage de l’ensemble. Pour le moment je travaille plus spécifiquement sur la féminité, l’âge qui avance et le corps qui change, ce travail se nomme « Un visage de lignes » et dans un même temps je poursuis mon travail « Mère et Fils ».

Portrait iFocus.gr


D. Que savez vous sûr la Grèce, vous avez déjà visité notre pays ? Est ce que vous avez envisagé l ' éventualité de monter une exposition à Athènes ?

J’ai été il y a de nombreuses années à Thessalonique.

On ne m’a jamais proposé de montrer mon travail en Grèce, je ne connais pas Athènes, c’est une ville qui m’attire beaucoup qui semble très dynamique.


D. Pour finir je voudrais vous demander d' envoyer un message à ceux qui liront cette interview, qui ont peut être une douleur à surmonter et veulent le faire en photographiant !

Le message que j’envoie c’est mon travail, mes livres qui mieux encore que les expositions peuvent circuler facilement, les gens peuvent se les approprier, les interpréter selon leurs vécus. Ils sont un partage d’expériences. Il y a une forme de reconnaissance, comme quand on lit et qu’on a l’impression d’avoir vécu la même chose, on se sent un peu réconforté, un peu moins seul.

Les gens surmontent leur douleur comme ils peuvent, parfois en en faisant un travail on arrive à la rendre un peu plus supportable, voir l’oublier durant un moment.

Je n’ai pas fait ce travail pour surmonter ma douleur, le carnet existait, j’ai poursuivi mon travail car c’est ma vie. J’ai toujours essayé de transformer mes expériences intimes, de les mettre à distance, de comprendre ce qu’elles avaient d’universel. Lorsque j’ai perdu mon compagnon beaucoup de gens m’ont parlé de la difficulté du deuil, du silence qui l’entourait. Mon besoin d’en faire un livre est né de ce désir de briser le silence, que ce livre soit un lieu où les autres peuvent se reconnaître dans une sorte d’apaisement qui permet d’avancer.

Je ne suis pas thérapeute, et j’ai parfois peur d’être mal comprise, il s’agit d’un travail artistique. C’est un événement de ma vie qui a déclenché ce travail sur le deuil, sur le manque. Comme à présent je travaille sur la féminité, le désir, l’âge. J’interroge des événements qui sont universels, la vie de couple, la maternité, la perte d’un être cher, le vieillissement, le désir, la solitude, l’enfance, mais je n’apporte pas de réponses, je déroule une expérience. J’essaie de montrer et questionner autrement, de changer de point de vue.

 

Nos vifs remerciements à Christine Papadopouou pour la traduction.

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